La CFT à la FEC-CSQ

La conciliation famille-travail, c'est...
« … l’ensemble des modalités, des dispositifs et des stratégies mis en place en concertation par les syndicats, les employés et les employées, le patronat et les différents paliers de gouvernement pour permettre d’harmoniser les responsabilités et les activités familiales, professionnelles, personnelles et sociales en tentant d’assouplir les contraintes et les exigences du monde du travail et d’offrir des ressources facilitantes, le tout dans une perspective d’équité et de responsabilité sociale. » [Mémoire CSQ, 2004]

Une réflexion sur la conciliation famille-travail
Avec le renouvellement du corps professoral, l’alourdissement et la complexification de la tâche enseignante et la diversification de nos responsabilités professionnelles et personnelles, une réflexion commune sur la conciliation famille-travail (CFT) s’impose.

Les avantages de la CFT
Les avantages à mettre en place des mesures de CFT, tant pour le personnel enseignant que pour le Collège, sont déjà bien connus. Pour les enseignantes et les enseignants, on peut s’attendre à une amélioration de la satisfaction au travail, à des relations familiales et affectives plus satisfaisantes, à une diminution de la culpabilité face à l’incapacité de tout faire, à une diminution du niveau de stress et d’anxiété, et à la préservation de la maîtrise du temps à accorder à la famille, ou pour se ressourcer ou s’impliquer socialement. Quant au Collège qui met en place des mesures de conciliation famille-travail, il mise sur une meilleure image organisationnelle, l’attraction de meilleurs candidats, une meilleure rétention des employés, une diminution des coûts liés à l’absentéisme et aux retards, une diminution du temps consacré aux tâches personnelles durant les heures de travail, l’amélioration du climat de travail et une augmentation du rendement et de la productivité.[1]

Les inconvénients du « cas par cas »
Malheureusement, force est de constater que les mesures de CFT ayant fait l’objet de discussions et d’un consensus au sein d’un comité paritaire sont plutôt rares. Certains cégeps offrent, sur une base officieuse, des arrangements de travail flexibles. Le fait que ces arrangements soient convenus de manière non officielle entraine plusieurs conséquences qui peuvent être néfastes, puisque les décisions sont arbitraires. Les arrangements convenus risquent alors d’être perçues comme du favoritisme envers certains enseignants ou enseignantes, alors que ceux et celles qui voient leur demande être refusée ont l’impression que leurs préoccupations personnelles ne sont pas considérées. Certains enseignants ou enseignants, enfin, sont réticents à exprimer leurs besoins. Ce type d’arrangement à la pièce a donc pour effet de créer des tensions entre les membres d’une même équipe. Des arrangements officieux risquent en outre d’être inefficaces puisqu’ils ne font pas l’objet d’un suivi officiel.

Par ailleurs, la réflexion sur la conciliation famille-travail ne devrait pas se limiter à l’aménagement du temps de travail. Les mesures systémiques comme les congés et les avantages sociaux complémentaires (financement partiel des coûts de services de gardes, par exemple), de même que les services offerts au personnel (service de garde en milieu de travail et service de garde spécial lors des journées pédagogiques, par exemple), devraient également être étudiées.

Un comité CFT pour des mesures équitables et efficaces
« Il n’y a pas de modèle unique. Chaque environnement de travail étant spécifique, les décisions doivent venir du milieu et résulter d’un consensus.»

Des mesures officielles de conciliation famille-travail, c’est-à-dire des modalités, des dispositifs et des stratégies mis en place en concertation par les syndicats, les employés et les employées et le patronat, apparaissent comme le meilleur moyen de favoriser l’équité entre les enseignantes et les enseignants et entre les départements, de respecter la confidentialité, d’éviter la stigmatisation et, enfin, de ménager des relations de travail saines à long terme.

La création d’un comité CFT semble être une avenue prometteuse pour déterminer les mesures à mettre à place, valider celles-ci, les systématiser, les promouvoir et en assurer le suivi. C’est dans cet esprit que le Conseil général de la FEC-CSQ, sous la recommandation du CIFAC (Comité d’information et de formation sur l’application de la convention collective), a adopté à l’unanimité la proposition suivante en mars 2012 : Que chaque syndicat soit invité à entreprendre une démarche en RCS pour que le collège mette en place un comité intercatégoriel en matière de CFT, en s’inspirant du programme de certification travail-famille du Bureau national, afin de se donner les moyens d’harmoniser les responsabilités et les activités familiales et professionnelles.
[1] SOURCE :
Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) et Emploi-Québec, 
« La conciliation travail-famille »,
[En ligne] http://emploiquebec.net/publications/Pages-statiques/00_emp_ficheconciliation.pdf 
(site consulté le 19 novembre 2012)