Historique

Le dossier de la condition des femmes fut, dès la création de la FEC en 1968 et jusqu’au milieu des années 90, porté avec vigueur et conviction par un groupe de femmes à qui nous devons beaucoup et qui ont su, contre vents et marées, et parfois en soulevant des tempêtes en nos rangs, faire avancer des causes qui nous semblent aujourd’hui aller de soi. Il n’y a qu’à se rappeler les gains essentiels réalisés en matière de droits parentaux (congés de maternité, de paternité, d’adoption; retrait préventif, sans perte d’emploi, en continuant à cumuler de l’ancienneté, etc.) Souvenons-nous des luttes pour intégrer à notre convention collective des dispositions interdisant le harcèlement sexuel ou sexiste. Depuis 2004, la Loi sur les normes du travail protège toutes les travailleuses et tous les travailleurs contre le harcèlement en emploi et la plupart de nos collèges se sont dotés d’une politique pour contrer le harcèlement. Rappelons-nous encore des revendications portées par nos prédécesseures en matière d’égalité en emploi qui ont conduit le gouvernement du Québec à adopter, en 2000, la Loi sur l’accès à l’égalité à l’emploi exigeant notamment des collèges qu’ils appliquent des mesures favorisant l’égalité pour les représentantes et les représentants des groupes discriminés (dont les femmes). Souvenons-nous enfin de la lutte syndicale pour l’obtention de l’équité salariale qui, après que le gouvernement québécois ait adopté en 1996 la Loi sur l’équité salariale, s’est conclue en 2006 en faisant en sorte que la valeur de leur travail soit reconnue aux femmes et aux hommes exerçant des professions traditionnellement féminines. Et constatons que rien n’est jamais définitivement acquis, la Commission de l’équité salariale ayant malheureusement été abolie par le budget du gouvernement Charest en 2010.
 
Il nous faut donc, dans un premier temps, rendre hommage à ces femmes aujourd’hui retraitées qui, à la FEC, ont fait avancer le dossier de la condition des femmes : Denise Poliquin, Pierrette Plourde, Céline Pagé, Claire Desmarais et Christelle Verrat, qui ont, à la FEC comme à la CSQ porté les demandes concernant les droits parentaux; Véronica Nordell, qui durant de longues années fut notre représentante au Comité consultatif national d’accès à l’égalité (CCNAE), et Maria Fonséca, de Victoriaville; Madeleine Ladouceur et Hélène Couseau de Sherbrooke; Francine Baron, Éliane Gauvin et Nicole Savard, de Ste-Foy; Marjorie Retzleff, de Lennoxville; Suzanne Picard, de Matane; et Gisèle Bourret, de Bois-de-Boulogne, qui devint d’ailleurs présidente du Comité de la condition des femmes de la CSQ.
 
Après une brève éclipse de ce comité initial, notamment dû à un essoufflement de ces militantes de la première heure, la FEC a formé, au tournant des années 2000, un nouveau Comité aviseur sur la condition des femmes, composé de trois enseignantes, provenant de trois des cégeps affiliés à la FEC, nommées par le Conseil général (CG) de la fédération. Le CG élit également une coordonnatrice pour le Comité, laquelle bénéficie le plus souvent d’une libération équivalant à un cours par session pour lui permettre de coordonner les travaux du Comité. De plus, le Comité dispose d’un budget annuel d’environ 5000$ pour lui permettre de rembourser les frais reliés à certaines activités.
 
Le mandat général de ce Comité aviseur de la condition des femmes est autant de faire progresser les revendications des enseignantes des cégeps (conditions de travail) que de favoriser l’amélioration de la condition des femmes québécoises en sensibilisant et en formant une relève féministe et travaillant en collaboration avec d’autres instances et groupes voués à la défense des droits des femmes. Chaque année, le Comité adopte un plan de travail et le présente au CG de la FEC. Parmi ses récentes activités, mentionnons à titre d’exemples l’organisation d’activités de sensibilisation et de mobilisation liées à la Marche mondiale des femmes (MMF); dans le cadre des dernières négociations, la participation à l’élaboration d’une position syndicale dans le dossier de la conciliation famille-travail; ou encore la proposition de modification aux statuts de la FEC assurant que deux des six postes au Bureau exécutif de la fédération soient réservés à des candidatures féminines.
 
Parmi les membres du Comité aviseur, devenu plus récemment le Comité consultatif sur la condition des femmes (CCCF), notons Suzanne Gravel, de Drummondville; Francine De Grâce puis Nadine Bédard-St-Pierre de Ste-Foy; Micheline Mayrand de Gérald Godin; et Silvie Lemelin de Victoriaville. Ce sont ces femmes qui, jusqu’en 2010, ont tenu le fort et ont animé les CG de la FEC et les syndicats locaux de leurs convictions féministes. Elles ont été appuyées par la responsable politique du dossier de la condition des femmes, membre du Bureau exécutif de la FEC et habituellement libérée à raison de 0,5 ETC par année pour participer aux travaux du Comité consultatif national d’accès à l’égalité en emploi (CCNAE), comité paritaire où elle représente la fédération. Il nous faut donc noter la contribution essentielle des Suzanne Messier de Bois-de-Boulogne, Michelle Poirier de Drummondville, Johanne Allard de Victoriaville et Nadine Bédard-St-Pierre de Ste-Foy, qui ont, chacune leur tour, participé aux réunions du CCCF.
 
AUTOMNE 2010 : UN NOUVEAU COMITÉ PLUS LARGE
 
Pendant les quelque dix dernières années, en plus de voir à la réalisation de leur plan de travail, les femmes du comité et la responsable politique ont tenté de former un comité constitué d’une enseignante par syndicat. C’est désormais chose faite puisqu’à la faveur de l’arrivée à la FEC des six nouveaux syndicats issus de la dissolution de la FAC, le CG a créé en novembre 2010 le comité de la condition des femmes tel qu’il existe désormais.