Un peu d'histoire

La Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (CSQ) est née avec la création des cégeps, en 1968. C'est, en effet, à ce moment que des syndicats décidèrent de rejoindre la CEQ, aujourd'hui CSQ. Ils avaient été, jusque-là, affiliés à la CSN qui regroupait alors les enseignantes et enseignants des collèges classiques et des écoles techniques ; ceux-ci avaient été fondus pour créer les nouveaux cégeps. La CEQ était encore une corporation d'enseignantes et d'enseignants du primaire et du secondaire. Malgré ce titre officiel, elle avait déjà largement adopté l'allure et le rôle d'une organisation syndicale très active dans le fiévreux mouvement social de l'époque. C'est en effet durant cette période que la CEQ a vécu la création du premier Front commun avec la FTQ et la CSN, la grève des 300 000 employés du secteur public et la loi spéciale qui y mit fin, l'emprisonnement de son président, avec ceux de la CSN et de la FTQ, et la publication de son célèbre manifeste L'école au service de la classe dominante, adopté au Congrès de 1972. La CEQ deviendra officiellement une centrale syndicale en 1974. Dès les premières années de sa création, la FEC a occupé une place qui dépassait largement son importance numérique dans ce mouvement où elle a été à l'avant-garde dans toutes ses péripéties.

Les fondateurs de la FEC avaient quatre grandes préoccupations : le respect de l'autonomie des syndicats dans leur Fédération, le respect de l'autonomie de la Fédération dans la CEQ, le respect de la démocratie dans les prises de décisions et la pratique de la solidarité la plus large. La FEC allait assurer l'autonomie et la démocratie syndicale par ses structures et son fonctionnement. La CEQ qui, contrairement aux autres centrales, offrait une participation directe de tous ses syndicats à chacune de ses instances et laissait à la FEC le soin de créer ses propres instances et d'offrir ses propres services, allait ainsi assurer l'autonomie de la nouvelle Fédération, garantir la démocratie et ouvrir à la solidarité, d'abord avec le milieu de l'éducation, mais aussi avec le reste du monde syndical.