Difficile de se réjouir réellement

Budget 2017 — Faits saillants et réaction

30 mars 2017

« Budget de l’espoir retrouvé ! » C’est par ces mots que le ministre Leitão a amorcé la présentation de son budget 2017-2018 le 28 mars dernier. Une telle déclaration a de quoi alimenter le cynisme de la population lorsque l’on sait les nombreuses compressions qui ont mis à mal les services publics au cours des dernières années, laminés par les mesures d’austérité du gouvernement libéral. On annonce certes des réinvestissements, notamment en éducation et en enseignement supérieur, mais encore faut-il préciser que le gros des sommes planifiées ne sera investi que dans deux ans, soit après les élections provinciales. Il est donc difficile de se réjouir réellement pour le moment, malgré une augmentation de 4,2 % des ressources allouées au réseau collégial. 

Il est également stupéfiant de constater qu’un surplus de 2, 5 milliards sera affecté au fonds des générations. Pourquoi attendre à demain pour investir dans notre avenir collectif via l’éducation, la santé, la protection de l’environnement ou l’occupation du territoire ? Comme le souligne à juste titre Eve-Lyne Couturier, de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) : « Le gouvernement prive ainsi la population de réinvestissements dignes de ce nom qui auraient réparé quelques-uns des pots cassés par les années d’austérité ».

Des précisions à apporter aux priorités annoncées en enseignement supérieur
Dans son document intitulé « Un plan pour la réussite : dès la petite enfance et tout au long de la vie », le gouvernement prévoit ajouter des sommes totalisant 100 millions de dollars en 2017 2018 pour les cégeps et les universités pour :

• Rehausser le financement général des établissements d’enseignement supérieur — 41 millions $, dont 12 millions $ pour les cégeps
• Améliorer la réussite et l’intégration de l’ensemble des étudiants. EESH et étudiants étrangers — 20 millions $
• Favoriser les partenariats et la concertation entre les établissements ainsi que la présence régionale — 11 millions $
• Répondre aux besoins du marché du travail. Formation continue et RAC — 13 millions $ dont 11 millions $ pour les cégeps
• Autres mesures — 15 millions $ 

Plusieurs des cibles présentées par le gouvernement semblent répondre en partie à certaines de nos revendications concernant le financement général des cégeps, les étudiantes et étudiants en situation de handicap (EESH) et le soutien aux cégeps de région. Cependant, les documents budgétaires ne permettent pas de bien cerner comment seront partagées ces sommes entre le réseau collégial et les universités ni comment elles seront utilisées dans les établissements. Or, nous savons que ce dernier enjeu est primordial, car les investissements ciblés sont souvent synonymes d’instabilité, voire de précarité. Le gouvernement ou les directions locales peuvent en effet en modifier le montant et les objectifs de manière unilatérale d’une année à l’autre. 

Un examen plus approfondi du budget révèlera si les sommes annoncées permettront réellement de reconstruire le réseau et ainsi offrir aux étudiantes et étudiants un environnement éducatif propre à favoriser pleinement leur réussite. En attendant, on ne peut que déplorer le fait qu’au moins une cohorte aura été privée d’un tel environnement. 

Communiqué de presse de la CSQ : L’éducation n’est pas véritablement une priorité pour le gouvernement Couillard
Communiqué de presse de l’IRIS : Le décollage de l’État-renard