Une valse préélectorale de millions qui laisse un goût amer

Cégeps - Faits saillants du budget Leitao 2018

28 mars 2018

Difficile de s’y retrouver dans la valse de millions du budget préélectoral présenté par le ministre Leitao. Difficile également d’acclamer le discours du ministre qualifiant son budget de « tournant historique » et affirmant vouloir améliorer significativement la qualité de vie de toute la population. Après les années d’austérité suivies de baisses d’impôts à peine perceptibles, le gouvernement met de l’avant une croissance globale des dépenses de l’État d’un peu plus de 5 % pour 2018 tout en planifiant déjà des augmentations moindres (donc d’éventuelles compressions) pour les prochaines années. Des investissements sont notamment annoncés dans les infrastructures, la mobilité durable et la formation de la main-d’œuvre.

Outre les annonces déjà effectuées concernant les infrastructures ou le Pôle régional de l’Est-du-Québec en enseignement supérieur (favorisant le recrutement concerté et la continuité des parcours), un certain réinvestissement est annoncé pour le réseau collégial. Pour les cégeps, c’est plus précisément une augmentation de 4,4 % des dépenses qui est prévue pour la prochaine année ce qui représente, en tenant compte des coûts de système calculés par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, un ajout de ressources de 32 millions de dollars sur un budget de dépense total d’environ 2 milliards de dollars par année. Il s’agit donc d’un réinvestissement qui n’en est pas vraiment un.

La quantité impressionnante de documents déposés à l’occasion de ce budget ne permet cependant pas de connaître précisément l’utilisation des sommes annoncées. Certes, plusieurs thèmes sont avancés pour l’enseignement supérieur dont la réussite, le financement général des établissements, le plan d’action numérique et la formation de la main-d’œuvre, mais les sommes ne sont pas ventilées pour les cégeps. Par exemple, il est question d’embauche d’un millier de personnes pour les cégeps et les universités dès septembre 2018 pour la formation et le soutien aux étudiants. Il n’y a toutefois pas d’autres précisions. La formation de la main-d’œuvre et l’adaptation des formations au marché du travail semblent cette fois encore préoccuper particulièrement le Gouvernement libéral. Les centres collégiaux de transferts de technologie (CCTT) sont à nouveau appuyés par ce budget dans lequel on retrouve également l’annonce d’un allègement du processus de révision des programmes d’études techniques, la poursuite du soutien à la reconnaissance des acquis ou, encore, des crédits d’impôt pour la formation du personnel des PME. 

Enfin, le budget 2018 ne donne pas de suite pour le moment à plusieurs travaux en cours dans le réseau tel le comité d’experts sur le financement des cégeps ou le plan d’action numérique (et le projet E-campus). En outre, plutôt que d’améliorer substantiellement les conditions de travail, l’annonce visant à favoriser l’activité physique en milieu de travail afin, selon les documents budgétaires, de « procurer des économies aux employeurs et au système de santé » a de quoi nous laisser un goût amer.

Lire le communiqué de presse CSQ : « L’éducation n’est pas un bonbon électoral »